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Amortir les nouvelles embauches, une idée neuve pour l’emploi

, par La Rédaction

Les entreprises peuvent amortir sur plusieurs années le coût d’une nouvelle machine. Pourquoi ne pas l’autoriser aussi pour une nouvelle embauche? Cela ferait baisser le taux du chômage, sans coût pour l’État, tout en favorisant le développement des PME. Par Gaëtan de Sainte Marie, dirigeant de PME Centrale.

 

Pourquoi les entreprises peuvent-elles amortir le coût d’une machine et pas celui d’une embauche ? Bien sûr, il ne s’agit pas de comparer des hommes et des machines. Mon parcours d’entrepreneur et de dirigeant de PME depuis une quinzaine d’années, appuie ma conviction qu’une entreprise est faite d’hommes et de femmes. Sans eux, l’acte d’entreprendre et le développement de l’entreprise est vain et inutile.
Aujourd’hui, les PME ne peuvent embaucher autant qu’elles le voudraient, car leur capacité d’investissement est limitée. Il ne s’agit pas ici de parler des charges sociales très importantes en France, ni des besoins de financement, difficiles à trouver, mais d’un moyen d’embaucher sans alourdir le résultat de l’entreprise. Pourquoi une entreprise qui investit dans une nouvelle machine, par exemple pour développer une nouvelle ligne de produits, peut amortir ce coût sur plusieurs années, et donc ne pas charger le résultat de l’entreprise, alors qu’une entreprise qui souhaite embaucher un homme ou une femme pour se développer, ou développer un nouveau projet, ne peut amortir ce coût ?

 

Voir l’emploi comme un investissement

Comme pour un investissement matériel, investir dans l’Homme peut nécessiter plusieurs années pour trouver son point d’équilibre. Il serait donc logique qu’une entreprise qui embauche une personne pour développer un nouveau projet puisse amortir le coût de son salaire sur une période déterminée. En effet, durant cette phase de développement du projet, ce salaire n’est pas rentable pour l’entreprise. Il devrait donc être considéré comme un investissement, ce qui permettrait de l’amortir.
Cette décision d’amortissement, afin d’être bien utilisée dans le cadre de projets de développement et de ne pas être travestie, devrait être soumise à une décision prise par le dirigeant, en concertation avec l’expert-comptable ou le commissaire aux comptes de l’entreprise. Il est à noter que cette proposition n’est pas une hérésie comptable, puisqu’il existe déjà la possibilité d’amortir le coût d’un salaire dans le cadre de projets de recherche et développement. Il suffirait de l’étendre à des projets de développement.

 

Des avantages multiples

Cette solution présente de multiples avantages au regard de la situation du chômage en France et des besoins actuels des entreprises :
− Embauches immédiates possibles par les entreprises dans ce nouveau cadre
d’investissement, ce qui leur permet de mener plusieurs projets de front (développement international, sur un nouveau marché français, sur de nouveaux produits, sur une nouvelle zone géographique en France, etc.)
− Baisse du chômage : on libère la capacité d’investissement et d’embauche des
PME françaises.
− Coût égal à zéro pour l’État, car l’entreprise continue à payer normalement les charges sociales salariales et patronales.
− Coût égal à zéro pour le salarié qui perçoit son salaire et est payé normalement.
− Amélioration du résultat financier de l’entreprise et donc de sa capacité à trouver des financements auprès des banques, d’où un effet vertueux.
− Simplicité et rapidité de la mesure à prendre par le gouvernement et à appliquer par les entreprises.
La proposition concrète est la suivante :
“Le salaire brut chargé de la première année d’une personne embauchée par une PME dans le cadre d’un projet de développement parfaitement identifié est amortissable pour une période de 2 à 5 ans”.

La Rédaction


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Vos réactions (1)

  1. Michel MEUNIER, le

    « Pourquoi ne pas l’autoriser aussi pour une nouvelle embauche? » Peut être parce que l’employé n’est pas une machine? (et je dis employé et non pas « collaborateur » car le terme n’existe pas dans le code du travail d’une part et que d’autre part, il ya une relation de subordination entre l’employé et son patron donc en aucun cas un statut égalitaire comme le sous entends le terme de collaborateur! ) – Ce serait un pas de plus et ils sont déjà nombreux- à enlevé aux employés leur statut de personne employés pour les « confondre » avec des ressources – non plus humaines- mais mécanique comme un simple robot ou ordinateur.

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