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Bonus-malus sur les contrats courts : progrès ou danger ?

, par Fabien Soyez

Au cœur des longues et difficiles négociations entre partenaires sociaux au sujet de l’assurance-chômage (elles devraient s’achever mi janvier), une proposition de mesure divise les syndicats et le patronat : l’instauration d’un système de bonus-malus sur les contrats courts, afin de limiter les CDD abusifs.

 
Instaurer un bonus-malus sur les contrats courts pour inciter les entreprises à privilégier les CDI : cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron visant à favoriser l’emploi durable est vivement rejetée par le Medef et la CPME (Confédération des PME), qui craignent un renchérissement du coût du travail. Mais pour les organisations syndicales, un tel mécanisme permettrait de faire reculer la précarité.

Concrètement, le système de bonus-malus sur les cotisations d’assurance chômage imaginé par le gouvernement consisterait à faire cotiser davantage les entreprises abusant des CDD (dont la multiplication pèse sur les finances de l’Unédic), et a contrario, à accorder une ristourne à celles qui embauchent souvent en CDI. Contrairement à la CFDT et à Force Ouvrière, qui défendent le projet du ministère du Travail, la CGT refuse l’idée d’un « bonus », et ne garde ainsi que l’idée du « malus ». « Baisser les cotisations d’un côté après les avoir augmenté de l’autre serait très dangereux, car cela ne réglerait en rien le problème du financement de l’assurance chômage », explique Denis Gravouil, responsable des négociations pour le syndicat à l’Unédic.

 

« Une armée de précaires »

« Certains employeurs se sont organisés pour utiliser des contrats courts à gogo (notamment dans des secteurs comme l’hôtellerie-restauration ou les Ehpad). Même si le patronat souligne que le stock de CDI est toujours aussi important, leur proportion à temps plein baisse, et à terme on se retrouve à avoir de plus en plus de gens coincés dans des contrats de courte durée ou précaires », indique le syndicaliste. « On a multiplié par 5 en dix ans le nombre de personnes dans les catégories B et C de l’assurance chômage – des salariés qui ont travaillé, et qui alternent des périodes de petits boulots et de chômage ; ils sont 2,2 millions, et il y en a seulement 800 000 qui sont indemnisés. Ce qui veut dire qu’on a une armée de précaires qui sont très mal payés, et qui ne sont pas indemnisés par l’assurance chômage. C’est une situation insupportable », ajoute-t-il.

 

L’article est à retrouver dans son intégralité sur Rebondir.fr

 
 

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Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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