Actualité entreprise Un début de tête-à-queue...

Un début de tête-à-queue...

Piloter une voiture comme on pilote son entreprise

, par Julie Falcoz

Faire le parallèle entre l’entrepreneuriat et la conduite d’une voiture, Rivalis, réseau d’accompagnement de dirigeants d’entreprise, y a pensé pour aider les entrepreneurs.

Ce lundi 6 mai, Rivalis, réseau d’accompagnement de dirigeants d’entreprise, a donné rendez-vous à une centaine d’entrepreneurs sur un circuit automobile à Réau (77) dès 8h du matin pour une journée spéciale. Le principe est de faire un parallèle entre le pilotage d’entreprise et celui d’une voiture, comparaison qui peut paraître évidente mais à laquelle on ne pense pas forcément. “Ça reste simple sans être simpliste”, lâche Thierry Froidefont, entrepreneur. Au programme de cette matinée, des ateliers théoriques et de la pratique sur circuit.

En théorie

Dans une salle sombre, des dirigeants d’entreprise, majoritairement des hommes, répondent à un questionnaire interactif sur la gestion des heures de travail et leur valorisation. Didier Hoffman, conseiller Rivalis, précise que c’est une ressource essentielle pour une entreprise. Là encore, une comparaison avec la voiture : “Dans la conduite automobile, les salariés pourraient être comparés au carburant. Si on gaspille de l’essence, on ira moins loin. Si c’est bien géré, on peut avancer”. Pour conclure, le conseiller précise qu’il faut impérativement redéfinir ses objectifs chaque année, “pour garder le cap”.  À la fin de l’atelier, Romain Grisel précise qu’il ne changera pas forcément la manière dont il dirige son entreprise demain. “Le lien entre entreprise et voiture est intéressant mais j’ai plusieurs sociétés qui interagissent entre elles (courtage, immobilier et formation, Ndlr). Le flux est très simple, l’argent circule en interne”, révèle-t-il. De son côté, Thierry Froidefont a créé sa structure de conseil en relations bancaires il y a un an : “Je n’ai pas assez de recul pour mon entreprise mais je pourrai diriger des clients vers Rivalis.

Contre-braquer sans freiner

Alors que le formateur sécurité routière distribue talkies-walkies et clés de voiture, il donne les consignes de sécurité avant l’exercice de la plaque tournante (une plaque qui tourne au sol, sur un sol mouillé) : “Respectez la vitesse demandée, entre 40 et 50 km/heure, et attendez que je lance la prochaine voiture en disant suivant”. Le petit groupe écoute religieusement, les sourcils presque froncés. “Le but est de savoir comment réagir et se comporter pour ne pas répéter le phénomène”, indique le formateur. Le phénomène étant le tête-à-queue… En montant dans les voitures, on rigole “jaune”, entre peur et excitation. Après un premier passage, le même formateur réunit le groupe pour un debrief : “En cas d’événement inattendu, il ne faut surtout pas freiner, mais contre-braquer et lâcher l’accélérateur”. Difficulté supplémentaire, les participants sont montés dans les voitures sans même les vérifier alors qu’elles sont équipées de pneus lisses. Lors du 2e passage, le formateur ajoute une petite surprise : de grands jets d’eau qui sortent de terre. À la fin de l’exercice, deux conseillers Rivalis font le lien entre la façon dont ces chefs d’entreprise conduisent une voiture et dirigent leur entreprise en évoquant la notion d’objectif : “Il est important de savoir où vous allez avec des indicateurs, un prévisionnel, un tableau de bord. Pour anticiper, il faut regarder loin devant et rester concentré sur sa conduite”. Sophie Briey dirige Actu Plast, industrie de transformation de matières plastiques. Elle a trouvé très intéressant ces exercices de pilotage sur circuit. “On devrait tous passer par là pour avoir les bons réflexes. Le lien avec l’entreprise permet de prendre du recul, d’avoir un œil extérieur. Cette matinée m’a plutôt confortée dans la manière dont je gère mon entreprise. Coût horaire, temps de travail, adaptabilité… Je fais déjà tout ça”, affirme-t-elle.

Julie Falcoz
Journaliste


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