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Sophie la girafe, un succès qui dure depuis 55 ans

, par Camille Boulate

Le célèbre jouet pour nourrissons Sophie la girafe, fabriqué par l’entreprise Vulli, a fêté en mai dernier ses 55 ans d’existence. Sa recette pour continuer à séduire petits et grands ? Une fabrication 100 % française. Explications avec Stéphanie Arnaud, directrice marketing de Vulli.

Quelle est l’histoire de Sophie la girafe ?

C’est la société Delacoste (rachetée par Vulli en 1981), spécialiste de la transformation du latex de l’arbre Hevea et fabricant de petits animaux en caoutchouc, qui a eu l’idée de créer quelque chose de différent. Car à l’époque, les collections de jouets représentaient massivement des animaux domestiques ou issus de la ferme. On ne sait pas vraiment pourquoi la société a souhaité créer une girafe, c’est peut être lié à un voyage à l’étranger. Quoi qu’il en soit, le 25 mai 1961 la première production est lancée, jour de la sainte Sophie, d’où le nom du jouet.

Comment expliquer son succès ?

Avec son long cou et ses grandes pattes, la girafe a une taille adaptée pour les bébés de trois mois qui n’arrivent pas à attraper des objets. C’est d’ailleurs souvent l’un des premiers objets qu’un enfant arrive à saisir. Le fait que le jouet soit blanc, tacheté de marron, cela stimule également sa vision. L’ouïe de l’enfant est aussi sollicitée grâce au sifflet qui est incorporé dans le corps de la girafe. La matière, le caoutchouc naturel, permet d’éveiller l’odorat. C’est en analysant le produit que nous avons constaté qu’il avait toutes les qualités pour stimuler les sens des nourrissons, et c’est ce qui explique, en partie, son succès aujourd’hui.

Où et comment est produit Sophie la girafe ?

Depuis la création, le procédé de fabrication n’a pas changé. La production, qui se fait à Rumilly (région Auvergne-Rhône-Alpes), reste très artisanale et difficilement modifiable, puisque l’on achète le caoutchouc liquide pour le rendre solide via un procédé de vulcanisation, en incorporant le caoutchouc dans des moules de plâtre. Ensuite, le produit est façonné manuellement.

Est-un procédé que vous avez amélioré avec les années ?

Absolument pas. Nous n’avons jamais voulu modifier la fabrication du produit et nous sommes persuadés qu’il ne faut pas le faire. Car si Sophie la girafe est encore un succès, c’est parce qu’il n’y a pas d’équivalent sur le marché mais aussi parce qu’il s’agit d’un jouet emblématique et iconique aux yeux des consommateurs. On arrive à la troisième génération qui va utiliser ce jouet. Si on changeait la recette de fabrication, on perdrait complètement ce côté historique qui plaît beaucoup aux consommateurs.

Dans ce contexte, comment apportez-vous des nouveautés ?

En capitalisant autour de Sophie la girafe. Plus qu’un produit, c’est devenu une véritable marque. Depuis 2006, nous avons développé plusieurs gammes connexes comme une collection pour le bain, pour la voiture, de la vaisselle ou encore des anneaux de dentition. Le tout, afin de couvrir l’ensemble des besoins d’un bébé durant la journée et tout au long de son évolution. Désormais, nous possédons un catalogue de 200 produits déclinés autour de Sophie la girafe.

Ces gammes annexes sont-elles également produites en France ?

Tout est pensé et designé en France. En revanche, seuls la girafe, les hochets et les anneaux de dentitions sont fabriqués dans les Hexagone. Au total, 70 % de notre fabrication est française. Pour le reste, et notamment le textile, nous faisons faire à l’étranger et majoritairement en Asie. Nous aimerions tout faire fabriquer en France, mais malheureusement nous ne possédons plus le savoir-faire sur le territoire permettant de produire sans exploser les coûts.

Que représentent les gammes Sophie la girafe dans votre chiffre d’affaires ?

En 2015, nous avons réalisé 29 millions d’euros de chiffre d’affaires (contre 6,9 millions en 2006). Sophie la girafe et ses dérivés représentaient 60 % de nos revenus. Chaque année, 800 000 unités de Sophie la girafe sont vendues pour environ 820 000 naissances en France. Et si notre chiffre d’affaires a quadruplé en dix ans c’est aussi dû à notre stratégie d’exportation. Nous sommes aujourd’hui présents dans 77 pays aujourd’hui. Et quand nous intégrons à chaque fois un nouveau marché, nous le faisant en commercialisant d’abord Sophie la girafe.

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Camille Boulate


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