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Comment rater le développement de son entreprise

, par La Rédaction

Se développer ou mourir. Pour un dirigeant, croître est un enjeu majeur et évoluer une nécessité. Mais comment s’y prendre pour ne pas tout perdre en voulant voir trop grand, trop vite. Voici 5 erreurs classiques à ne pas commettre. Par Eve Mennesson.

 

1 – Rester seul

“Un entrepreneur isolé a la tête dans le guidon et a du mal à prendre du recul. Il doit absolument rencontrer d’autres entrepreneurs”, observe Jean-Michel Ly, consultant en création et développement d’entreprise au sein de l’AFE. Il s’agit donc de se rendre à des événements professionnels, conférences, réunions d’associations professionnels, salons, etc. “Participer à des salons ou à des événements professionnels n’est pas une perte de temps. Au contraire ! De même, échanger avec ses pairs, rencontrer des dirigeants qui ont plus d’expérience, intégrer un club ou un réseau d’entreprises… Tout cela permet d’enrichir son expérience”, souligne Claudine Dagnet. Réseau Entreprendre propose à ses adhérents la mise en place d’un comité de gouvernance. “Il s’agit de personnes qui n’entrent pas au capital de l’entreprise, pour ne pas avoir une vision d’actionnaire qui attend ses dividendes. Elles sont là pour challenger l’entrepreneur”, précise Gérard Leseur, président de Réseau Entreprendre.

2 – Brûler les étapes

“Il ne faut franchir une nouvelle étape de son développement qu’après avoir consolidé l’existant”, avertit Claudine Dagnet, directrice adjointe services aux entreprises et développement international à la CCI Paris Île-de-France. Elle invite à être patient, à s’assurer d’avoir acquis toutes les compétences nécessaires, d’avoir bien analysé la concurrence, d’avoir les ressources indispensables, etc. Guillaume Cornu, associé EY, insiste quant à lui sur la structuration de l’entreprise : “À chaque étape, le système d’information, les ressources humaines et surtout la trésorerie doivent évoluer pour accompagner le développement”, énumère-t-il. En effet, beaucoup d’entreprises en forte croissance affi chent des problèmes de trésorerie qui peuvent les mener à leur perte. “Les entreprises qui ont des problèmes de trésorerie gèrent mal leur croissance. Il ne faut pas subir sa croissance mais établir un business plan pour lever en amont les besoins financiers”, avertit Sébastien Schmitt. C’est ce que fait Clément Alteresco, président-fondateur du groupe BAP. Il adopte ce qu’il appelle “une gestion de bon père de famille”. “J’ai fait en sorte de toujours être certain de pouvoir payer les personnes avant de les embaucher”, donne-t-il comme exemple.

3 – Saisir toutes les opportunités

Il est souvent conseillé aux entrepreneurs de saisir les opportunités. Oui mais sans foncer tête baissée. “Saisir n’importe quelle opportunité n’est pas toujours une bonne idée : une opportunité n’est intéressante que si elle est en lien avec la stratégie de l’entreprise”, prévient Claudine Dagnet. Il ne faut par exemple pas acheter une société parce qu’elle n’est pas chère ou parce que des concurrents l’envisagent. “Il ne faut pas mener une opération de croissance externe pour de mauvaises raisons. Il faut se demander en quoi cette acquisition est bénéfique pour l’entreprise. Il ne faut pas oublier que la majorité des acquisitions d’entreprises crée peu ou pas de valeur pour les actionnaires”, souligne Guillaume Hoppenot, M&A Manager chez InExtenso Finance & Transmission.

4 – Être trop prudent

Il ne faut pas non plus laisser passer des opportunités intéressantes par excès de prudence. En restant dans le cas d’une acquisition, si acheter la première entreprise qui se présente est une erreur, chercher une aiguille dans une botte de foin en est une autre “Il ne faut pas se perdre en essayant de trouver ou analyser toutes les entreprises à acquérir présentes sur le marché”, met en garde Marc Sabaté, associé et directeur général d’In Extenso Finance & Transmission. Ce qui est vrai en matière d’acquisition l’est aussi en matière d’innovation : “Surtout, ne pas attendre que les produits phares soient arrivés à maturité, qu’ils aient atteint leur maximum de potentiel avant de développer de nouveaux produits. L’innovation, la production, les actions marketing et commerciales et le développement géographique prennent du temps. Il ne faut pas attendre que la pente de croissance commence à ralentir pour se mettre à innover”, pointe Charles-Édouard de Cazalet.

5 – Négliger les ressources humaines

Les ressources humaines sont primordiales pour la réussite d’une entreprise. Le recrutement doit donc être soigné. Alix de Sagazan, co-fondatrice d’AB Tasty, conseille de créer une marque employeur forte afin d’attirer les talents. Et pour les retenir, il faut mettre en place des conditions de travail favorables. Et ce à chaque étape du développement de l’entreprise. “Tous les salariés ne réagissent pas de la même façon. Il faut soigner le management pour que chacun se trouve à sa place”, insiste Gérard Leseur. Le développement, oui, mais pas à tort et à travers.

La Rédaction


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Vos réactions (1)

  1. Bordet, le

    Management, what else!

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