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Le Chocolat des Français : des tablettes design pour emballer les consommateurs

, par Camille Boulate

En 2014, trois entrepreneurs ont lancé la marque Le Chocolat des Français. Leur objectif : fabriquer un produit beau et bon en conciliant l’art graphique avec le chocolat. Explications avec Paul-Henry Masson, l’un des fondateurs.

 

Comment est né “Le Chocolat des Français” ?

À l’origine du projet il y a Matthieu Escande et moi. Nous nous sommes rencontrés en école d’art, nous étions encore étudiants et fous de chocolat. L’idée d’associer l’art graphique avec le chocolat est rapidement venue. Quelques mois après le lancement du projet, Vincent Muraire nous a rejoints. Contrairement à nous, il a un profil plus financier.

Combien de temps avez-vous pris pour développer votre entreprise ?

Environ trois ans. Nous avons commencé à nous renseigner et à rencontrer des chocolatiers pour développer des recettes originales. Nous savions ce que nous voulions en termes de goûts mais il nous manquait le savoir-faire technique et l’expérience. Après quelques recherches, nous sommes tombés sur la perle rare, Jacques (les trois entrepreneurs ne veulent pas dévoiler l’identité complète de leur partenaire, ndlr.), qui tient une chocolaterie dans les Yvelines.

C’est donc lui qui produit vos tablettes ?

Tout à fait. Nous avons élaboré les recettes en étroite collaboration avec ce chocolatier. C’était un vrai ping-pong créatif et collaboratif. Nous sommes arrivés à deux premières recettes basiques : un noir 70 % et un lait 34 %. Au final, ce sont ces deux recettes qui ont été les plus difficiles à confectionner car elles servent de base à nos autres tablettes. Aujourd’hui nous avons cinq recettes que nous faisons évoluer en permanence et nous souhaitons, à long terme, posséder une gamme d’une dizaine de recettes

D’où proviennent vos ingrédients ?

Nous les voulons les plus locaux possibles. Mis à part le cacao que l’on ne trouve pas en France, tout le reste des ingrédients (amandes, noisettes, caramel) proviennent de producteurs français.

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Vous avez misé sur des emballages créatifs et design, confectionnés par des artistes. Pourquoi ?

On voulait vraiment que notre produit soit coloré, gai et donne la pêche. On a donc fait appel à des artistes à qui nous avons donné carte blanche pour les dessins. Leur seule contrainte : cela devait être en rapport avec la France et le chocolat.

Combien de collaborations avez vous effectuées jusqu’à ce jour ?

Environ 200 artistes ont collaboré avec nous. Mais toutes ces contributions n’ont pas été commercialisées, puisque certains dessins sont des exemplaires uniques qui sont dévoilés lors de petites expositions.

Comment faites-vous pour convaincre les artistes de collaborer ?

Avec Matthieu, nous avions accès à tout un réseau d’artistes et de designers via notre école d’art. Donc nous avons contacté tous ceux dont on aimait le travail, issus d’univers variés (BD, grafitti, bande dessinée art contemporain…). Petit à petit ce sont les artistes qui sont venus à nous. Zep, Ben, Serge Bloch, Hervé di Rosa ou bien encore Arthur de Pins se sont prêtés à l’exercice. La multiplication de ces collaborations nous permet d’avoir plusieurs designs par recette et de faire par exemple des parutions limitées ou spécialisées pour certains de nos distributeurs.

D’ailleurs, où êtes-vous distribués?

Nous avons un site e-commerce mais nous sommes également présents dans 200 points de vente (épicerie fine, concept store, grands hôtels, grands magasins). Nous sommes également distribués dans une douzaine de pays dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon.

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Comment vous êtes-vous financés et quels sont vos objectifs en matière de chiffre d’affaires ?

Pendant un an et demi, nous avons tout financé nous même. Nous avions quelques économies de côté pour monter l’entreprise, qui affiche un capital social de 8 000 euros. L’objectif de la première année d’activité fut de trouver notre concept, notre marché et démontrer que notre produit pouvait intéresser les consommateurs. Une fois cela effectué, nous avons commencé à chercher à lever des fonds. Ce qui a abouti en avril dernier à une levée de fonds de 510 000 euros auprès de plusieurs business angels, dont Xavier Niel.

Enfin, pourquoi avoir adopté le nom “Le Chocolat des Français” ?

C’est un nom d’entreprise qui nous est venu assez rapidement. Puisque nous collaborons avec des producteurs locaux, c’était assez logique. Et puis, nous trouvions cela dommage que le chocolat français soit si peu mis en avant. Nous entendons surtout parler du chocolat suisse et belge. Alors que de très bons chocolatiers sont français et nous voulons assumer cette position.

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Camille Boulate


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