Création d'entreprise bannann-web

Ronan Heuzel : “Relancer la banane, un vrai défi”

, par Camille Boulate

Avec son meilleur ami, Ronan Heuzel a fondé Bannann, une marque de sac banane. L’objectif des deux entrepreneurs : relancer cet objet qui fut à la mode dans les années 1980 et qui est aujourd’hui perçu comme démodé.

Comment vous est venue l’idée de relancer le sac banane ?
Chaque année nous nous rendons au festival d’ Avignon avec Jason Delabays, mon meilleur ami rencontré il y a cinq ans en école de commerce. L’année dernière on s’est dit qu’il nous manquait un accessoire nous permettant de nous déplacer le plus léger possible, sans sac à dos. Nous avons été biberonnés à la culture des années 1980-1990 avec la banane où l’on mettait nos Pog et nos billes. Cet accessoire nous est apparu comme évident.

Comment relancer cet objet qui a une image démodée ?
La banane revient petit à petit. Mais il y en a deux sortes : celle qui est accessible par les ados mais qui est une simple poche avec un zip. Et celle que l’on voit de plus en plus sur les défilés, qui se rapproche davantage du sac ceinture. Nous avons voulu créer une banane au goût du jour avec une association des deux, avec des matières extérieures rappelant le sac à dos mais avec des niveaux de finissions plus exigeants (doublure, lanière en cuir, poche molletonnée intérieure pour ranger son téléphone portable).

Que signifie le terme Bannann, le nom de votre marque ?
C’est la traduction de banane en haïtien. Nous voulions vraiment garder ce mot qui est vraiment propre à la France pour parler de ces produits. Dans les pays anglo-saxons on parle de bum bag ou de fanny pack. Mais plutôt que de garder l’orthographe française, nous avons cherché quelque chose qui attire l’œil.

bannannfondateurs

Comment avez-vous financé la marque ?
Nous avons lancé une campagne de financement participatif sur le site Ulule, il y a un peu plus d’un mois. L’objectif était d’atteindre les 200 bananes pour pouvoir lancer officiellement la marque. Nous avons atteint cet objectif le week-end dernier alors que la campagne se termine dans 10 jours. Désormais, nous espérons atteindre les 300 pré-commandes. Cette campagne nous permettra d’assurer les stocks, les livraisons des contributeurs et de faire la bascule vers un site de e-commerce.

Quel est votre business model ?
Pour l’instant, nous avons un modèle de communication très axé sur Internet : vidéos, réseaux sociaux… On s’oriente vers un modèle qui serait similaire à celui du Slip Français, ce qui nous permettra de diminuer les coûts.

Comment seront produites les Bannann ?
Toutes les étapes liées aux prototypes, aux choix des matières et des fournisseurs ont été réalisées avec un bureau de styles à Toulouse. Mais quand on a envisagé la production, on s’est posé la question de produire en France. Or, pour proposer un prix de vente inférieur à 50 euros, nous avons été contraints de trouver des partenaires au Portugal. Fabriquer en France aurait entraîné des prix de commercialisation bien supérieurs, près de 70 euros. Faire revenir la banane est déjà un défi, il ne fallait pas que l’on dépasse un certain montant pour que notre produit convainque les consommateurs.

D’ailleurs, combien de temps vous donnez-vous pour que cela fonctionne ?
La première étape pour nous était vraiment la campagne de crowdfunding. Cela a déjà été un véritable indicateur car on a constaté qu’en dépassant l’objectif, on atteindrait de plus en plus de personnes qui nous connaissaient pas du tout, ce qui est une première victoire. En termes de volumes de vente, nous n’avons pas d’estimation, mais si cela continue d’augmenter tous les mois d’ici à la fin de l’année, ce sera une autre victoire pour nous.

gplus-profile-picture

Camille Boulate


Sur le même thème