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Reprise d’entreprise :“La vraie difficulté est de détecter les non-dits”

, par Marie Roques

Vous venez de quitter votre poste et disposez de fonds personnels suffisants pour reprendre une entreprise ? Si le projet vous trotte dans la tête depuis plusieurs années, voici les conseils de Jean-Yves Lestrade, consultant spécialisé dans l’acquisition, cession, transmission ou reprise d’entreprises, pour ne pas brûler les étapes.

Quels sont les critères à remplir pour acquérir une entreprise ?
Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de reprendre une entreprise. Beaucoup de salariés, souvent des cadres, sont remerciés à l’âge de 45-50 ans. Ils ont encore plusieurs années à travailler, mais peinent à retrouver un emploi. Les candidats que j’ai l’occasion de suivre ont souvent de l’argent de côté et les moyens de se porter acquéreur.

Quelles sont les questions à poser au cédant ?
Elles sont nombreuses et il est essentiel de balayer tous les aspects. Toutes les questions sont intéressantes et utiles. Il faut surtout connaître les motivations du cédant, savoir pour quelles raisons il vend, quel est son parcours, la valorisation exacte de l’entreprise, quel est son calendrier pour vendre, combien de jours de congés prend-il dans l’année. La grande difficulté est de détecter tous les non-dits et de comprendre la personnalité du cédant. Bien souvent, les deux parties ont du mal à s’entendre et à se comprendre. Le repreneur est plus jeune, il voit les choses sous un angle différent, il n’a pas la même approche. Pourtant, il doit être suffisamment subtil pour réussir à s’entendre avec son interlocuteur. (Pour en savoir plus sur le sujet, lire le blog de Jean-Yves Lestrade.)

Quelles sont les qualités requises ?
Il est essentiel d’être ouvert et de ne pas avoir trop d’idées préconçues. La recherche de reprise d’une entreprise nécessite un travail important. Beaucoup de personnes imaginent qu’il peut s’agir d’une solution de retour vers l’emploi, or, il faut que cette démarche de reprise s’inscrive dans un vrai projet personnel. La personne ne doit plus avoir envie d’être salariée, ni de répondre à une hiérarchie. Le candidat doit vouloir tout simplement devenir patron. Il doit idéalement pouvoir justifier d’une longue expérience de management derrière lui. Pour le repreneur, la plus grande difficulté est de gérer les ressources humaines. Gérer une équipe, ce n’est pas donné à tout le monde. Enfin, il faut être accompagné par ses amis et sa famille. La reprise d’une entreprise implique souvent la nécessité de se contenter d’un salaire modeste pendant quelque temps. Cela concerne donc l’entourage du futur repreneur. En somme, il faut être bien préparé, déterminé, persévérant, patient et humble.

Y-a-t-il une période idéale ?
L’idéal est d’être en veille pendant de longues années, de regarder des dossiers de manière régulière et de négocier son départ au moment de la reprise pour pouvoir bénéficier de deux ans d’allocations chômage. Cela apporte une vraie bulle d’oxygène au futur repreneur. La difficulté est de dégager du temps pour étudier les dossiers. Il ne faut pas oublier que cela peut prendre deux ans avant de trouver un projet intéressant.

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Marie Roques
Journaliste pour Le Nouvel Entrepreneur


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