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Les patrons de TPE / PME sont heureux, mais aussi stressés et surchargés

, par Fabien Soyez

En 2019, les entrepreneurs se sentent utiles, mais « restent impactés par leur charge mentale et le risque d’isolement », selon le 5ème « baromètre de la forme des dirigeants » réalisé par la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur.

 
« S’ils se sentent extrêmement utiles dans leur quotidien, ils restent particulièrement stressés ». Ainsi Hervé Frapsauce, président de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur, décrit-il l’état actuel des dirigeants de micro et petites entreprises françaises. L’organisme, qui vient de dévoiler son 5ème « baromètre de la forme des dirigeants », constate ainsi que « ces femmes et hommes qui se sentent à la fois heureux dans leur travail », sont aussi « durement impactés » par le stress, et rencontrent des difficultés « de plus en plus prégnantes » pour maintenir un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée.

 

La surcharge de travail, principale source de stress chez les dirigeants

Selon l’enquête, menée auprès de 1 501 dirigeants d’entreprises de moins de 50 salariés, le stress touche 70 % d’entre eux dans leur quotidien. Parmi les principales sources d’angoisse et d’anxiété, on trouve les « incertitudes sur l’activité de l’entreprise dans les semaines ou mois à venir » (48 %), le manque de trésorerie (53 %), et surtout, la surcharge de travail (57 %). D’après la fondation d’entreprise, ces chiffres sont « comparables » à ceux de 2018.

La surcharge de travail que supportent de plus en plus de patrons de TPE / PME « entraîne de fait des amplitudes horaires importantes », indique l’étude. Les chefs d’entreprises interrogés travaillent ainsi en moyenne 50 heures par semaine. 21 % d’entre eux vont jusqu’à s’imposer plus de 60 heures de travail hebdomadaire.

Forcément, les dirigeants, débordés, sont 39 % à éprouver des difficultés à concilier vie privée et vie professionnelle, et à maintenir un « équilibre » – une tendance qui « perdure d’une année sur l’autre », note la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur. Une situation qui conduit finalement un entrepreneur sur trois à ressentir un « fort sentiment d’isolement » au quotidien.

 

Des entrepreneurs « en bonne forme », mais qui ne dorment pas assez

En dépit des difficultés, les chefs d’entreprises sont 79 % à se déclarer en bonne forme physique, et 86 % en bonne santé mentale. Des chiffres en baisse par rapport à 2018, quand ils étaient 95 % à s’estimer en bonne santé.

Interrogés sur les douleurs physiques qu’ils peuvent ressentir, les dirigeants sondés sont 87 % à avoir été touchés par au moins une douleur sur l’année écoulée. Le mal de dos, cité à 63 %, et les douleurs articulaires, citées à 53 %, restent les maux les plus répandus avec des taux similaires à ceux observés en 2018″, écrit la fondation d’entreprise.

En outre, 3 entrepreneurs sur 10 font état de troubles du sommeil. « Les dirigeants de petites entreprises ont tendance à faire de leur sommeil une variable d’ajustement à leur surcharge de travail, atrophiant ainsi la fonction réparatrice du sommeil », explique le baromètre. Résultat : 36 % des dirigeants se sentent « souvent ou toujours » fatigués.

Soucieux de ne pas impacter l’activité de leur entreprise, les dirigeants de TPE / PME expriment, selon l’étude, des « réticences » à accepter un arrêt maladie. Ainsi, malgré la « baisse globale » de leur niveau de forme, ils ne sont que 8 % à s’être fait arrêter par leur médecin sur les 12 derniers mois, contre 10 % en 2018. Pour 56 % d’entre eux (contre 35 % en 2018), stopper le travail reviendrait à pénaliser leur société.

 

Des dirigeants « confiants en l’avenir »

Pour autant, les dirigeants sondés gardent en majorité espoir en l’avenir. Ainsi, en 2019, leur confiance reste élevée quant à leur vie personnelle (90 %), leur santé (88 %) et la situation financière de leur foyer (84 %). « Ils se montrent néanmoins relativement plus prudents quant à l’avenir de leur entreprise (79 %) et de leur situation professionnelle (79 %), deux indicateurs en nette baisse (- 9 et – 6 points) par rapport à 2018″, conclut la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur.

Côté moral, les chefs de TPE / PME sont finalement 90 % à se dire heureux dans leur vie, et 93 % à se sentir utiles au quotidien.

 
 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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Vos réactions (1)

  1. annie, le

    L’exercice de fonctions de responsabilités à la direction d’une PME représente des risques physiques inhérents à tout emploi de bureau (ergonomie du poste de travail) ou commercial (voyages d’affaires…), mais aussi et surtout des risques psychologiques liés à la surcharge mentale et au stress : faire face à un faisceau de contraintes économiques et humaines, à des conflits sociaux, commerciaux, fiscaux…, assumer une responsabilité financière, juridique et morale, éventuellement personnellement et directement, expose souvent les cadres à un excès de charge mentale qui génère des conditions de travail stressantes, responsables de risques psychosomatiques (maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles gastro-intestinaux, états d’anxiété et dépressifs, addictions) :  » prévention des risques professionnels des cadres  » : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=469

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